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Tout sur l'huile de palme

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Qu’est-ce que l’huile de palme et ou la trouve-t-on ?

Cette huile est extraite du fruit du palmier qui, lorsqu’on le presse à chaud libère ses 50% de matière grasse. Le palmier à huile pousse principalement en climat tropical humide, en Asie (Indonésie, Malaisie et Thaïlande) mais aussi un peu en Amérique du sud et en Afrique.

On trouve l’huile de palme dans la plupart des produits alimentaires transformés (pizzas, pain de mie, plat préparés, pâtes à tartiner, biscuits) à tel point qu’il est difficile de trouver un produit transformé qui n’en contienne pas ; car elle a remplacé toutes les autres huiles.

 

C’est l’huile préférée des industriels de l’agroalimentaire 

Trois raisons expliquent son succès : son prix, sa disponibilité et sa facilité d’utilisation.  

Très facile à implanter lorsqu’on a le bon climat, le palmier à huile a un rendement phénoménal : la quantité d’huile par hectare est six fois supérieure à celle de l’huile de colza, huit fois supérieure à celle du tournesol. Un palmier produit des fruits tout au long de l’année, et peut vivre jusqu’à 30 ans.

L’huile de palme est la moins chère de toutes les huiles végétales.

L’huile de palme est pratique car elle possède toutes les qualités rêvées par les industriels.  

Elle n’a aucun gout, est extrêmement polyvalente, se prêtant à toute sorte de fabrication crue ou cuite, elle est solide à froid et peut se transporter en bloc et enfin, elle se conserve longtemps.

Alors franchement, pourquoi hésiter ? L’industrie agro- alimentaire n’hésite pas un instant, il y a de l’huile de palme partout.

 

Mais que reproche-t-on à l’huile de palme ?

Il y a plusieurs préoccupations, de nature éthique, écologique et de santé, que chacun pourra classer selon sa propre échelle de valeur.

 

Le facteur humain

L’impact de l’augmentation de la demande d’huile de palme n’est pas un phénomène nouveau ; on peut l’observer dans toutes les monocultures du monde. Les paysans cessent leurs cultures vivrières (denrées qu’ils pouvaient manger et vendre) pour se consacrer à une production qu’ils peuvent uniquement vendre. Ils le font pour obtenir des revenus réguliers, et hélas souvent sous la pression des grands groupes agroalimentaires.

Une fois plantés, les palmiers ne permettent pas de retour en arrière : ils sont plus difficiles à arracher qu’un plant de tournesol. Prisonniers de leur choix, les paysans sont à la merci des acheteurs qui imposent leur prix, en fonction de la loi de l’offre et de la demande. L’argent qu’ils en tirent est souvent insuffisant, et sert à acheter des vivres qui viennent de plus en plus loin car toute leur région s’est convertie à la même culture.  

Ensuite, pour protéger les plantations des mauvaises herbes et des insectes, on répand des herbicides et des pesticides, qui sont peu réglementés dans ces pays. Ces épandages polluent l’eau douce, tuent les insectes pollinisateurs et dégradent les conditions de vie des populations locales.

 

Climat et environnement

Les palmiers à huile poussent dans les régions tropicales humides qui sont normalement recouvertes de forêts. Pour agrandir leurs plantations, les paysans et les industriels pratiquent la déforestation ; dont on considère aujourd’hui que 40% est liée à l’agriculture intensive. La technique la plus utilisée est le brulis, une vraie catastrophe écologique. Les conséquences sur le climat sont au nombre de trois, qui interagissent les unes avec les autres.

1-Le carbone (sous forme de CO2) stocké dans les forêts est restitué à l’atmosphère

2-La capacité des forêts à stocker le carbone de l’atmosphère est diminuée

3-La fonction de bouclier contre le climat (protection et régulation) qu’assument les forêts ne s’exerce plus sur les zones les plus vulnérables.

Le dioxyde de carbone CO2 est un gaz à effet de serre. Naturellement présent dans l’atmosphère, sa quantité est pour le moment régulée par les « poumons » de la planète, que sont les océans et la biomasse, dont les forêts. L’augmentation du CO2 dans l’atmosphère accélère le réchauffement climatique, lequel se manifeste par une élévation de la température moyenne et l’occurrence de phénomènes climatiques de plus en plus violents et de plus en plus fréquents (canicules ou vague de froid, sécheresses et crues, tempêtes…) partout sur la planète.

 

La biodiversité

Enfin, les forêts originelles des pays producteurs contiennent une grande biodiversité, qui est directement menacée par les monocultures intensives. Les mammifères, les oiseaux et les insectes perdent leur habitat et l’écosystème entier de la région est rompu.

Les fabuleux documentaires « OUR PLANET » qui passent en ce moment sur Netflix témoignent de ce phénomène, et des conséquences dramatiques qui en découlent, pas seulement pour ces régions mais pour la planète entière.

 

Et enfin, notre santé

L’huile de palme est-elle vraiment un aliment mauvais pour la santé ? La réponse est nuancée ; en effet aucun aliment n’est bon lorsqu’il est consommé en excès, le tout est de connaitre la limite, et de pouvoir choisir ce qu’on met dans notre assiette.

Tout comme la plupart des huiles végétales, elle ne contient pas de grans trans, (qui sont ceux qui augmentent le mauvais cholestérol et font baisser le bon) ceci tant qu’elle n’a pas été chauffée ou n’a subi un traitement d’hydrogénation. Ces traitements sont fréquents dans la préparation industrielle des aliments, et ce sont eux qui rendent toutes les huiles végétales potentiellement mauvaises pour la santé.

L’huile de palme est en revanche très riche en acides gras saturés, avec plus de 50%, elle est en cela comparable aux graisses animales comme le beurre, et bien au-dessus des huiles comme le tournesol, qui n’en contient que 11%. Les acides gras saturés sont nocifs lorsqu’ils sont consommés en trop grande quantité car ils font augmenter le mauvais cholestérol et aussi les risques de diabète, d’hypertension et les problèmes cardiovasculaires.

C’est donc ce taux, ajouté au fait que l’huile de palme a remplacé dans les préparations toutes les autres huiles végétales qui constitue le vrai problème pour notre santé.

 

 

A notre échelle, que pouvons-nous faire ?

Du point de vue éthique et écologique, on trouve depuis peu sur le marché de l’huile de palme « éthique » ou « responsable ». Cela veut dire que son prix d’achat est calculé pour que les agriculteurs puissent vivre correctement de leur plantation.

Vous pouvez rechercher la mention « durable » et l’acronyme RSPO (round table on Sustainable palm oil) sur les produits contenant de l’huile de palme. C’est une association à but non lucratif qui réunit tous les acteurs du secteur, des producteurs au détaillants en passant par les ONG et les banques sous la forme d’une table ronde ou chacun a un vote.  Son action est réelle, sur le plan de l’éthique et de l’écologie, et elle compte plus de 900 membres. Malheureusement, elle est basée sur le volontariat d’organismes qui bénéficient, pour la plupart, du commerce de l’huile.

 

Le vrai impact sera atteint par le consommateur final, s’il est averti. Seul un choix conscient de produits portant la mention RSPO ou plus simplement de tout produit sans huile de palme inciterait les industriels à réintégrer dans leur recettes les autres huiles végétales.

 

Publié dans: écologie

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