les justiciers du bio
les justiciers du bio

Notre marque préférée de couches culottes revient sur le devant de la scène avec une nouvelle pub, vantant son nouveau label OEKO-TEX. L'avez-vous vue?

Pour info, OEKO-TEX est une organisation mondiale, qui teste puis certifie les textiles du produit brut au produit fini. Ils prennent en compte chaque composant du vêtement et même le facteur humain (conditions de travail). Enfin, son cahier des charges inclut non seulement les législations en cours dans toutes les zones du monde, mais également le résultat des dernières découvertes scientifiques sur les produits ou pratiques nocives.

C’est parfait pour cette célèbre marque qui avait un petit travail de com’ à faire depuis le boycott de fin 2016.

Et que s’était-il passé en 2016 déjà ? Et bien une agence indépendante, l’ASEF, ou Agence Santé Environnement France, avait publié un rapport dans lequel elle indiquait son opinion sur l’utilisation d’une substance potentiellement cancérigène dans les couches pour bébé pourtant "haut de gamme". La quantité présente, même si elle restait au-dessous du maximum autorisé par la loi, était malgré tout « moralement trop » élevée pour être acceptable.  

Le pétrolatum, aussi appelé vaseline, est un produit bien connu, dérivé du pétrole, et qui peut être cancérigène si appliqué en grande quantité et/ou régulièrement. Et qu’en est-il d’une minuscule quantité, mais qui serait en contact permanent avec une muqueuse ou une zone du corps ou la peau est très fine, comme les fesses des bébés ? Personne ne s’était posé la question jusque-là.

Est-ce que Pampers aurait pu avoir son label OEKO-TEX avec de la vaseline dans ses composants ? La réponse ne va pas de soi, en tout cas en 2016. A cette époque, aucune législation ne prévoyait de limiter l’utilisation de petrolatum dans les couches, qui n’étaient considérées ni comme des vêtements, puisque jetables, ni comme des contenants alimentaires, qu’elles ne sont pas, alors que l’absorption de substances par les muqueuses vaut bien la voie orale.

Cependant, une organisation comme OEKO-TEX prend aussi en compte l’opinion des médecins et des chercheurs pour délivrer ses certificats, et le bon sens voulait qu’on se rende compte qu’une telle utilisation de la vaseline n’était pas classique, et méritait qu’on s’y arrête, ce qui aurait sûrement été fait, enfin, on l’espère. Ai-je dit que l’étude sur laquelle se basait le rapport de l’ASEF avait été commandée par une marque de couches bio ? En cette occasion, le pot de terre a ratatiné le pot de fer.

Tout cela pour dire que les lanceurs d’alertes sont importants, tout comme notre comportement en tant que consommateur, pour pousser les industriels à bien se comporter et le législateur, à légiférer.

Cela me rappelle l’histoire du Bisphénol A dans les biberons, en 2010.

Des études parues aux États-Unis dès 2008 avaient largement alerté l’opinion contre le danger de cette substance, et les fabricants de biberons, pour éviter le scandale, avaient (très) rapidement sorti un nouveau produit exempt de bisphénol A, mais uniquement sur le marché américain. Ailleurs, pas besoin, puisque l'information, si elle avait traversé l'Atlantique, n'avait pas suffisamment été diffusée, mis à part quelques blogs qui avaient conseillé aux mamans d’utiliser des biberons en verre…

La plupart des européens n’ont été informés du problème qu’un an plus tard, le 23 juin 2010, lorsque le Parlement Européen a interdit le Bisphénol A dans la fabrication des contenants destinés aux bébés. Cette loi étant applicable à partir de juillet, donc très rapidement, les pharmaciens, derniers au courant, se retrouvèrent avec des stocks de biberons invendables, qui partirent sans doute pour les pays en voie de développement.

Des marques bien connues de biberons, européennes je le précise, ont distribué leurs biberons « Bisphenol A free », sans bisphénol, pendant plus d'un an aux États-Unis, avant d'être obligées de le faire ici. Le manque d’information rendait le scandale improbable, ils ont profité pour écouler leurs vieux stocks, au détriment des bébés européens.

Je m’en souviens bien, car à l’époque j’avais commandé mes biberons en Amérique, avec des frais de port énormes, supérieurs au prix de la commande, et en me faisant traiter de folle par toute ma famille!

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